La mauvaise nouvelle

(Lettre Pour Être Soi n°45 – 19 février 2020, éditée décembre 2024)

Il n’existe pas vraiment de moyen de ne jamais recevoir de “mauvaise nouvelle”.

On peut se proposer que “tout nous enseigne”, que “rien ne nous nuit”, que “tout est relatif”, pour changer de langage, de perspective et de forme-pensée par rapports à ce que le monde extérieur nous propose, afin de tout considérer avec curiosité plutôt qu’en “bon” ou “mauvais”.

Nous aurons beau faire “tout bien comme il faut/comme elle dit/comme il veut”, le désagréable et le douloureux feront partie de l’expérience de chacun·e d’entre nous. C’est une des données de notre condition humaine, et plus largement une donnée de Ce qui est : TOUT est possible.

Ne pas nourrir le “négatif”

Il n’est pas utile d’attiser la souffrance que génère en nous la “mauvaise” nouvelle, ou de se complaire dans la rumination mentale du “négatif”.

Il ne nous est pas utile de nourrir les pensées qui exacerbent la souffrance, la négativité ou le mal-être en nous, des comportements qui nous épuisent et font chuter notre énergie, ou encore des propositions de notre entourage qui nous donnent à croire que “tout est foutu, là c’est mort, plus jamais” etc.

Les “si j’avais su”, les “j’aurais du”, les “c’est de sa faute” et “si seulement”, les “maintenant ma vie est fichue à tout jamais”.

Nous ne pouvons pas contrôler ce qui vient de se passer, l’annonce de séparation faite par le conjoint, le décès d’un proche, la perte de l’emploi, l’annonce de la maladie.

Nous ne pouvons pas contrôler le monde extérieur et les autres.

Et nous pouvons choisir sur quelles pensées nous focaliser, lesquelles croire et nourrir, quelles actions mettre en place et quelles actions ne pas s’autoriser à faire, ce qui nous fait plus de bien que de mal plutôt que ce qui nous fait plus de mal que de bien, et ce pouvoir que nous détenons à l’égard de nous-même est une aide immense pour entretenir au mieux notre énergie vitale.

Nous pouvons à tout moment choisir de privilégier les pensées, actions, personnes, réponses qui nous aident au mieux à ÊTRE AVEC le douloureux de la nouvelle, plutôt que les boucles de pensées, actions, personnes, réponses qui rendent celle-ci encore plus intolérable et qui nous entraînent en spirale de désespoir.

Rien ne nous contraint à donner de l’énergie à ce qui nous tire vers le bas, qui attise notre souffrance, qui nous draine de notre joie de vivre et de notre capacité de résilience.

La mauvaise nouvelle se suffit à elle-même.

Il n’est pas possible/utile de changer la mauvaise nouvelle et pas utile de ne résister aux émotions qu’elle active en nous.

Il est possible de ne pas en rajouter.

C’est un service formidable que l’on se rend.

Pour aller plus loin

  • Aussi contre-intuitif que cela puisse paraître, voire choquant, nourrir la joie en soi est un choix que nous pouvons tous faire à chaque instant de notre vie, y compris dans les moments les plus tragiques. Il n’est ni utile ni obligatoire de laisser la souffrance faire la nuit noire en nous.
  • Connaissez-vous le travail de Boris Cyrulnik sur la résilience ?

Vous pourriez aussi aimer